Michael Ignatieff : Discours d’ouverture à la conférence Canada à 150 : Relever le défi
Welcome.
Thank you Dominique. Thank you Elder Two Rivers.
Let me start by recognizing Dominique, Martha, Mauril, and Randy, who will be keeping us in line this weekend. Thank you.
And thank you all for joining us in this wonderful opportunity to renew the political debate in our country.
I want to recognize my predecessors who are here this weekend, Canadians who have served our country with devotion: John Turner, Jean Chrétien, Paul Martin, Bill Graham, and Stéphane Dion.
This weekend, we can widen our horizons. We can stand back from partisan politics. We can get away from the Ottawa bubble.
Nous nous retrouvons à un moment où, pour être très francs, les politiciens, les partis et toute la classe politique ont laissé tomber les citoyens.
La preuve, c’est qu’aux dernières élections fédérales, seulement soixante pour cent des électeurs ont trouvé qu’il valait la peine de voter. C’est encore pire chez les jeunes. Seulement vingt pour cent des électeurs de dix-huit ans ont voté.
Moi, je crois que dans une démocratie en santé, les jeunes devraient avoir hâte d’aller voter pour la première fois. Ils devraient avoir hâte de poser ce geste qui peut changer le monde.
Il y en a qui vont dire que c’est la faute des jeunes : ils ne s’intéressent pas à la politique.
C’est le contraire.
La vérité, c’est que ce sont les politiciens qui ne savent pas intéresser les jeunes.
Il y a une rupture entre la classe politique et les citoyens.
Mais il n’y a pas de rupture entre les citoyens et leur pays. Nous l’avons tous ressenti lors des jeux olympiques de Vancouver.
Ce pays est bien vivant et ses citoyens sont fiers.
Mais les citoyens de ce pays ne voient plus dans leurs élus ceux qui peuvent incarner leurs espoirs et calmer leurs inquiétudes.
Beaucoup de citoyens ont tourné le dos à la politique.
D’autres sont en colère. Ils ont été deux cent cinquante mille à signer une pétition pour dénoncer la fermeture du parlement.
In Ottawa, while the government shut down Parliament, we held more than 30 roundtables with the public. I went coast-to-coast twice, listening to Canadians.
And what we heard was unmistakable. Canadians are looking for a clear vision of the future. A vision to answer questions like: Will my kids enjoy the same standard of living we take for granted? Will they have the education they need to get a decent job?
Les citoyens sont inquiets.
Ils sont inquiets de voir disparaître des emplois manufacturiers qui ne reviendront jamais.
Ils sont inquiets pour leurs parents âgés; ils se demandent s’ils auront assez d’économies pour leur retraite?
Pour tous ces Canadiens, et ils sont des millions à travers le pays, l’avenir n’est pas un concept abstrait ou ésotérique. Ce n’est pas un exercice intellectuel. L’avenir, c’est ce qui les tient éveillés la nuit.
Voilà notre défi de la fin de semaine : répondre de manière concrète à ces préoccupations, à ces anxiétés.
Nous devrons le faire avec des idées nouvelles.
Ensemble, nous allons oser.
Nous allons oser réfléchir en dehors de nos habitudes, de notre confort, de nos comités.
Nous allons oser nous demander non pas comment nous allons être élus, mais comment nous allons être utiles.
Nous allons oser revenir à la base de notre engagement en politique : améliorer la vie de nos concitoyens.
And that’s what this weekend is all about.
This conference belongs to a great Liberal—and a great Canadian—tradition.
In September 1960, Mike Pearson, Leader of the Official Opposition, convened a Study Conference on National Problems, at Kingston. Kingston laid the foundation of the Pearson government’s great achievements: the Canada Pension Plan, Medicare, the national flag, a new opening to Quebec, official bilingualism.
Une autre conférence marquante a eu lieu. En 1991, à Aylmer, nous avons examiné la place du Canada dans le monde à l’ère de la mondialisation.
Lors de cette conférence, notre parti a tourné le dos au protectionnisme et a inscrit la responsabilité en matière de finances publiques au cœur de notre identité. C’était le choix d’un Canada fort et moderne.
Et l’homme derrière cette conférence est avec nous aujourd’hui. C’est Jean Chrétien.
At the Aylmer conference, one speaker described the job of government as, “to represent the future to the present.”
I can’t think of a better description of this weekend here in Montréal.
I want to welcome the thousands of people who are joining us over the internet. Thank you for being part of this.
This weekend is much bigger than this room—we’ve got 70 events going on, right across the country.
En fin de semaine, nous ouvrons les fenêtres et les portes. Nous laissons entrer l’air frais. Nous rejetons la complaisance et la facilité pour parler avec notre cœur de ce qui compte vraiment pour les citoyens de ce pays.
L’objectif, en fin de semaine, ce n’est pas d’être tous d’accord.
Ce n’est pas d’accoucher d’un nouveau programme.
L’objectif, c’est de percer le mur de la politique et des partis pour rejoindre le citoyen.
L’objectif, c’est de parler sans contrainte et sans peur.
Si nous faisons ça. Si nous parvenons pendant quelques heures à être ni député, ni militant, ni ancien politicien, mais si nous redevenons père et mère de famille, frère, sœur, époux, ou fils, alors nous toucherons à l’essentiel.
Alors, nous toucherons les Canadiens.
Alors le programme qui fera le renouveau du Canada pourra être élaboré.
Il y a un peu plus de 40 ans, ici à Montréal, nous avons célébré les 100 ans du Canada. Peu après, l’Expo 67 a inauguré un nouveau siècle pour notre pays.
Tous ceux qui ont vécu ces moments s’en souviennent encore.
2017 should be a rallying point for our country, now and for seven years hence. This weekend, we’ve come together to peg our ambitions to that milestone, to begin the work of deciding what we will achieve between now and then.
We welcome controversy and argument—the energy of debate is fuel for bold ideas.
When Mike Pearson opened the Kingston conference, he said, and I quote: “The composition of our conference shows that we are not here as a mutual admiration society. This is a conference of communication. It is no dialogue of the deaf or the decided.”
Pearson’s example tells us all: you can’t lead if you can’t listen, and if you don’t like listening to things you don’t want to hear, you shouldn’t be here.
So let’s speak our minds. And, to borrow a phrase from Mr. Chrétien, let’s speak from the heart.
À ce moment où commence cette conférence, je vais quitter le podium pour une place avec vous dans l’auditoire. Je vais échanger le micro pour un calepin. Et je vais faire ce que les politiciens ne font jamais assez : je vais écouter.
Après cette conférence, nous allons reprendre notre rôle de leaders politiques.
Et nous allons préparer pour et avec les citoyens de ce pays, un avenir pour eux et pour leurs enfants.
Bienvenue à Canada 150. Que nos travaux commencent.
Let’s get started.





