Rapport sommaire: L’énergie, l’environnement et l’économie en 2017 : croissance et responsabilité
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Au moment où 2009 tirait à sa fin et où la conférence de Copenhague sur les changements climatiques approchait, la population canadienne aurait souhaité que le gouvernement fédéral montre la voie dans le dossier des changements climatiques. Les sondages d’opinion publique indiquaient qu’une grande majorité de Canadiens étaient d’avis qu’il faudrait accorder aux initiatives en faveur de l’environnement la même priorité qu’à l’économie. Ces sondages ont aussi révélé que peu de Canadiens croient que le Canada est perçu comme une figure de proue dans la lutte contre les changements climatiques.
En plantant le décor pour la discussion sur l’énergie et l’environnement, Michael Phelps, président du conseil d’administration de la fondation GLOBE, a indiqué que l’avenir sera caractérisé par une hausse continue de la consommation d’énergie. La consommation mondiale d’énergie s’est accrue de 50 % au cours
des vingt dernières années, et il semble qu’elle croîtra encore de 40 à 50 % au cours des vingt prochaines années à mesure que les pays en développement s’industrialiseront. Il y a un milliard de voitures en circulation dans le monde aujourd’hui. Leur nombre doublera d’ici 2050. La consommation d’énergie aussi doublera d’ici 2050, et environ 80 % de l’énergie proviendra encore des combustibles foss
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Au moment où 2009 tirait à sa fin et où la conférence de Copenhague sur les changements climatiques approchait, la population canadienne aurait souhaité que le gouvernement fédéral montre la voie dans le dossier des changements climatiques. Les sondages d’opinion publique indiquaient qu’une grande majorité de Canadiens étaient d’avis qu’il faudrait accorder aux initiatives en faveur de l’environnement la même priorité qu’à l’économie. Ces sondages ont aussi révélé que peu de Canadiens croient que le Canada est perçu comme une figure de proue dans la lutte contre les changements climatiques.
En plantant le décor pour la discussion sur l’énergie et l’environnement, Michael Phelps, président du conseil d’administration de la fondation GLOBE, a indiqué que l’avenir sera caractérisé par une hausse continue de la consommation d’énergie. La consommation mondiale d’énergie s’est accrue de 50 % au cours
des vingt dernières années, et il semble qu’elle croîtra encore de 40 à 50 % au cours des vingt prochaines années à mesure que les pays en développement s’industrialiseront. Il y a un milliard de voitures en circulation dans le monde aujourd’hui. Leur nombre doublera d’ici 2050. La consommation d’énergie aussi doublera d’ici 2050, et environ 80 % de l’énergie proviendra encore des combustibles fossiles.
M. Phelps a aussi souligné le rôle important que jouera la technologie pour rendre le secteur de l’énergie moins polluant. Les progrès des technologies de forage rendront l’exploitation des gisements de gaz de schiste beaucoup plus rentable au Canada, ce gaz ayant le potentiel de ne laisser que la moitié de l’empreinte de carbone en comparaison aux autres combustibles fossiles. Grâce aux nouvelles technologies, le secteur de l’énergie pourrait bientôt être en mesure d’effacer l’écart d’émission de carbone de 10 ou 15 % qui sépare les sables bitumineux des méthodes plus conventionnelles de production de combustibles fossiles. Néanmoins, il reste encore beaucoup de pain sur la planche avant de régler les énormes problèmes que posent l’utilisation de l’eau et le nettoyage des bassins de décantation des résidus. À mesure que les entreprises canadiennes déploieront des efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les solutions technologiques qui contribuent à améliorer l’efficacité énergétique revêtiront une importance capitale.
Étant donné que les besoins en énergie iront en croissant et la technologie en s’améliorant, M. Phelps a prévenu que les gouvernements des quatre coins du Canada devront concerter leurs efforts pour s’adapter au nouveau paysage énergétique.
Assigner un prix au carbone
Malgré l’issue décevante de la conférence de Copenhague en décembre 2009 et les progrès hésitants des États-Unis dans l’établissement d’un système de quotas et d’échange de droits d’émission, l’idée d’assigner, éventuellement, un prix au carbone recueillait un large consensus. Avec ou sans les États-Unis, le Canada devra aller de l’avant en ce sens, quitte à se garder assez de souplesse pour s’harmoniser ultérieurement avec le système américain. Le gouvernement fédéral devra décider quels mécanismes gouvernementaux – quotas et échange de droits d’émission, taxe sur le carbone ou mesures législatives – seront les plus aptes à assigner un prix aux émissions de carbone et, par conséquent, à réduire les émissions de gaz à effet de serre. La plupart des intervenants à la conférence penchaient en faveur d’une taxe sur le carbone facile à appliquer, mais ils convenaient de la difficulté au niveau politique d’agir en ce sens. Elyse Allan, présidente-directrice générale de GE Canada, a fait ressortir que la solution pour contrer les changements climatiques consistait à créer un marché pour le prix du carbone. Les entreprises et la population du Canada pourront ainsi réagir aux fluctuations de prix et commencer à changer leurs habitudes de consommation d’énergie.
En réponse à une question soumise via Internet sur la possibilité d’un avenir sans carbone, Dan Gagnier, président du conseil d’administration de l’Institut international du développement durable, a fait écho aux propos de M. Phelps, selon qui le Canada ne pourra pas éliminer le carbone dans un avenir proche, mais doit commencer à en établir le prix pour calculer le coût qu’il représente pour la société.
Bâtir une économie axée sur l’énergie propre
Nicholas Parker, président du groupe Cleantech, a souligné l’émergence d’un marché mondial de l’énergie propre de 3,5 billions de dollars et a noté que 70 juridictions dans le monde se faisaient déjà concurrence dans ce domaine pour profiter des nouvelles perspectives d’emplois et de création de richesse. La Chine est en voie de devenir un chef de file mondial dans le domaine des technologies de l’énergie propre. D’ici la fin de la décennie, les technologies propres compteront pour 15 % de l’économie allemande. Mondialement, elles reçoivent déjà de la plus grosse part du capital de risque, dépassant les sommes accordées pour les logiciels et l’équipement médical.
Steven Guilbeault, cofondateur d’Équiterre, a déploré que le Canada n’ait fait preuve d’aucun sens de l’initiative dans le secteur de l’énergie propre. En 2010, les États-Unis investissent dix-huit fois plus par habitant que le Canada, sous forme de financement additionnel, dans les initiatives visant l’énergie renouvelable. Les pays de l’OCDE ont en moyenne affecté 15 % des sommes prévues dans leur plan de relance économique à l’énergie propre. L’Australie y a affecté 21 %, la Chine 36 % et la Corée du Sud la proportion étonnante de 79 %. Par comparaison, le Canada se classe presque au dernier rang mondial et affecte seulement 8 % de ses crédits de stimulation économique à des technologies propres.
En réaction à une question posée par Skype depuis Vancouver cherchant à savoir comment le Canada pouvait reprendre les devants dans ce domaine, M. Parker a répondu qu’il pourrait y avoir des occasions d’établir des partenariats pour aider la Chine à être moins polluante et plus efficace sur le plan énergétique à mesure qu’elle poursuit son immense conversion industrielle. M. Guilbeault a toutefois fait remarquer qu’il sera difficile de placer le Canada à l’avant-scène. Les autres pays sont engagés dans une course et ne s’arrêteront pas pour attendre que le Canada les rattrape.
Il est temps de tenir un dialogue national sur les sables bitumineux Patrick Tobin, directeur du développement des affaires chez Rio Tinto Alcan et animateur de la table ronde sur l’énergie propre, a soulevé la question controversée des sables bitumineux comme élément du parc énergétique du Canada. Satya Brata Das, fondateur de Cambridge Strategies, a indiqué qu’il était temps de tenir un véritable dialogue national au sujet des sables bitumineux. Bien qu’ils soient une source importante d’émission de gaz à effet de serre et de pollution, ils constituent tout de même une ressource nationale représentant une valeur potentielle de 15 billions de dollars.
Faisant écho au point de vue exprimé précédemment par M. Phelps, Mme Allan a fait valoir que nous devions mettre à profit les outils à notre disposition, comme les réglementations, les impôts et les incitatifs financiers, pour que la production d’énergie propre continue de progresser. Au lieu de diaboliser les sables bitumineux, il faut reconnaître les technologies vertes qui ont déjà été introduites dans ce secteur et aider celui-ci à devenir encore plus propre.
Améliorer l’efficacité énergétique : un objectif à portée de la main Un participant à la conférence s’est enquis du rôle de l’efficacité énergétique dans l’établissement d’un avenir énergétique propre.
M. Gagnier a dit que la solution était à portée de main et que le Canada devait apporter les changements nécessaires à ses politiques et à ses réglementations pour que les sociétés améliorent leur efficacité énergétique. Il a souligné que, même si le gouvernement Obama avait fixé à 17 % son objectif officiel de réduction des gaz à effet de serre d’ici 2020, il pourrait obtenir des réductions supplémentaires de 23 % grâce à une amélioration de l’efficacité énergétique. Même en prenant compte de la taille de la population, les États-Unis investissent trois fois et demie plus que le Canada dans les mesures d’efficacité énergétique dans le cadre de leur plan de relance économique. Ils sont en bonne voie d’achever d’ici 2012 la rénovation de 1 million d’habitations en vue de les rendre économes en énergie. À l’échelle municipale, Mme Allan a proposé de rendre les codes du bâtiment écoénergétiques et de faire en sorte que les services publics locaux adoptent des compteurs intelligents qui arrivent à s’adapter à la demande d’électricité globale et ainsi optimiser la distribution d’électricité dans le réseau tout en aidant les ménages à faire des économies.
Les mesures d’efficacité énergétiques sont assez faciles à mettre en oeuvre. Non seulement réduiraientelles nos émissions de gaz à effet de serre, mais elles permettraient de réaliser d’importantes économies sur les coûts de l’énergie. Un plan d’ensemble pour bâtir une économie fondée sur l’énergie propre devra inclure des mesures pour aider les ménages et les entreprises du Canada à améliorer considérablement leur efficacité énergétique.
Adopter une démarche inclusive dans la lutte contre les changements climatiques M. Gagnier a expliqué que le Canada avait perdu son envergure internationale à cause de son inaction dans le dossier des changements climatiques à la conférence de Copenhague, ce qui nuit à la réputation de tous les Canadiens. Il a déploré que le Canada soit le seul pays à la conférence mondiale dont les gouvernements se sont querellés entre eux sur la scène internationale. Même s’il y aura toujours des problèmes constitutionnels touchant l’énergie entre les provinces et le gouvernement fédéral, ce qu’il nous faut dès maintenant est un plan national pour mieux coordonner les efforts.
Mme Allan a noté que le Canada jouissait de ressources naturelles abondantes qu’il ne faut pas gaspiller et dont il faut user de manière responsable. Elle a appelé tous les agents économiques, y compris les gouvernements fédéral et provinciaux, les entreprises et les simples citoyens, à collaborer pour faire du Canada une figure de proue dans le domaine de l’énergie propre et de la lutte contre les changements climatiques.
La conférencière principale Sheila Watt-Cloutier, ancienne présidente de la Conférence circumpolaire inuite, a clairement expliqué que les changements climatiques avaient une incidence sur la vie personnelle de tous les Canadiens. Les habitants du Nord, particulièrement les Inuits qui continuent à vivre en communion avec la nature, ont été témoins d’énormes changements environnementaux qui affectent leur mode de vie traditionnel. Au-delà de la science, le savoir traditionnel des Inuits sera indispensable pour élaborer des politiques de lutte contre les changements climatiques. Pour bâtir une économie axée sur l’énergie propre et lutter contre les changements climatiques, il faudra que tous les Canadiens y mettent du leur. Nous devons tous chercher à faire preuve de parcimonie dans notre utilisation quotidienne de l’électricité et des combustibles, et nous devons nous préparer à nous adapter à une économie où le carbone aura un prix.
Questions à approfondir
- Quel rôle le gouvernement fédéral doit-il jouer pour réunir les provinces, les entreprises et les intervenants clés en vue d’élaborer un plan d’énergie propre ?
- Dans quel secteur de l’énergie renouvelable le Canada peut-il faire figure de proue ?
- Quelles mesures concrètes les Canadiens peuvent-ils prendre pour améliorer leur efficacité énergétique ?
- Que pouvons-nous faire pour transformer les sables bitumineux en une source d’énergie propre et moins controversée à l’avenir ?
